Lendemain du jour de l'an
Taratata! fait la trompette,
Et le tambourbat : rantanplan !
Tout danse et chante et pirouette ;
Tout est beau , tout est en toilette,
Le lendemain du jour de l'an,
Il faudrait être bien malade
Pour ne point s'en aller dehors.
Joyeusement chacun s'évade ;
Chacun veut, pour la promenade,
Se parer de tous ses trésors.
L'un apparaît le casque en tête,
Le sac au dos, le sabre au flanc,
Comme un milicien qui s'apprête
Pour quelque belliqueuse fête,
Grave, superbe, s'étalant.
Avec son bonnet d'astronome
Et son cheval fait d'un bâton,
Cet autre à l'air d'un petit gnome.
Donnerait-il pou un royaume
Sa gibecière de carton ?
Mais ce sont surtout les poupées
Qui triomphent en ce grand jour.
Toutes battant neuf équipées,
Les fillettes les plus huppées
Ne les tiennent qu'avec amour.
Plus d'une par ses soins de mère,
Est mise en terrible émoi :
Ce n'est jamais petite affaire
D'avoir diriger sur terre
Un enfant aussi grand que soi.
Enfin bien ou mal on s'en tire ;
Et chaque petite maman
A l'une, à l'autre fait sans rire
Admirer sa fille, et l'admire
Elle-même sincèrement.
Quel air doux ! quelle humeur commode !
Quel joli bonnet que le sien !
Avec ce galon qui la brode
Comme sa robe est à la mode !...
N'est-ce pas quel est vraiment bien ?...
Puis on arrive avec adresse
A montrer ses propres atours...
O beau jour ! O jour d'allégresse !
Dans ta splendeur enchanteresse
Que ne peut-on rester toujours !
Tiré du livre LES BEBES